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Samuel BAUD-BOVY, 1964, cliquer pour une vue agrandie
Samuel BAUD-BOVY, années 1980, Jean Mandanis, photographe à Genève (1915 - 07.08.2011), cliquer pour une vue agrandie
Samuel BAUD-BOVY, début des années 1940, Jean Boissonas, photographe, Genève, cliquer pour une vue agrandie
Samuel BAUD-BOVY, fin des années 1930, Jean Boissonas, photographe, Genève, cliquer pour une vue agrandie
Kopf Bild BaudBovy Samuel 155 250

27.11.1906, Genève - 2.11.1986, Genève
Musicien, ethnomusicologue, néohelléniste et
pédagogue de nationalité suisse
Ses parents: Daniel Baud-Bovy, historien d'art et écrivain, et Jeanne-Catherine Barth, pianiste.

      Samuel Baud-Bovy étudie les lettres classiques à l'Université de Genève et - en parallèle - la musique au Conservatoire de Genève, entre autres avec Émile Jaques-Dalcroze et Fernand Closset (violon), ainsi qu'avec Charles Chaix (branches théoriques, écriture). Il étudie ensuite à Vienne (1926-1927) - auprès de Rudolf Nilius (direction d’orchestre) et Guido Adler (histoire de la musique).

      Il se perfectionne à Paris (1928-1929) auprès de Paul Dukas (composition) et d'André Pirro (musicologie) et suit des cours de direction avec Felix Weingartner, à Bâle, et avec Hermann Scherchen, à Genève.

      Ayant suivi à Paris les cours de grec moderne d'Hubert Pernot à la Sorbonne, il part en Grèce en 1929 comme boursier de la fondation Lambrakis-Maunoir, qui créait à la Faculté des lettres de l'Université de Genève un enseignement de grec moderne. En Grèce il étudie la musique ecclésiastique et la chanson populaire (à laquelle il consacre en 1936 sa thèse de doctorat).


Samuel Baud-Bovy vers la fin des années 1930,
un portrait fait par Boissonas Genève

      À son retour, il est nommé professeur de grec moderne à l’Université de Genève (1931-1958).

      Dès 1933 Samuel Baud-Bovy est responsable de la classe d'orchestre du Conservatoire de musique de Genève, en 1942 il y ouvre un cours de direction d'orchestre.

      Second chef de l'OSR dès 1935 ...



... Samuel Baud-Bovy fut ensuite 2e directeur puis directeur de la Société de chant sacré, qu'il conduira pendant quarante ans, puisqu'il ne la quittera qu'en 1977!




Otto Barblan au clavier de l'orgue de la Cathédrale de Genève, une photo Boissonnas, publiée entre autres dans Le Radio du 9 juin 1939, No 844, page 1051

      Samuel Baud-Bovy: "[...]  je suis encore aujourd’hui le directeur du Chant Sacré - j'avais succédé à Otto Barblan — ce qui m’a permis de monter à Genève la plupart des grandes oeuvres chorales, et aussi de ne pas mépriser le travail que l’on fait avec les amateurs car, ce qui m’importe en musique, c’est le sentiment que l’on apporte à cette musique. Je préfère de beaucoup des amateurs qui ont du plaisir à jouer que des professionnels qui ont l’air de s’ennuyer derrière leur pupitre. Pour moi, la musique est un besoin vital. Dès l’instant où elle ne correspond plus à un besoin, cela me devient douloureux. [...]" Journal de Genève du vendredi 4 avril 1975, page 13.

      En 1947 - après y avoir enseigné depuis 1933 - il est nommé directeur-adjoint du Conservatoire de Genève, dont il devient directeur en 1957, succédant à Henri Gagnebin, une de ses importantes activités jusqu'en 1970.

      Membre de l'Association des musiciens suisses depuis 1946, il la présidera de 1955 à 1960. Deux ans plus tard, il prend la présidence du Concours international d'exécution musicale, qu'il conserve jusqu'en 1962.

      En plus de toutes ces fonctions, il fut conseiller administratif de la Ville de Genève, délégué aux Beaux-Arts (de 1943 à 1947), sans oublier de mentionner ses activités dans maints domaines musicaux: producteur d'émissions de musique à «Radio Genève», représentations lyriques au Grand-Théâtre, conférences publiques, interventions et travaux dans le cadre du Conseil international de la musique, de la Société internationale pour l'éducation musicale ou du Conseil de la fondation Pro Helvetia.

"[...] L'énoncé de ces charges et de tant de mérites pourrait faire penser à une personnalité docte et professorale: tous ceux qui ont connu, ou simplement approché Samuel Baud-Bovy savent qu'il n'en était rien. Ouvert, souriant, drôle, pétri d'humanité et de bienveillance, toujours le sourire aux lèvres, il était le charme même, faisant oublier par tant de gentillesse le format imposant de son érudition.

      Et nous aimerions citer ici l'hommage que lui rendit, lorsqu'il fut honoré, en 1975, du Prix de la Ville de Genève, M. Roger Aubert: «Genève peut aujourdhui se tourner vers l'un de ses citoyens et lui dire «merci»; merci d'avoir été activement parmi nous, d'avoir aimé notre sol terrestre et spirituel, d'avoir soutenu les structures que nos prédécesseurs nous avaient confiées, d'avoir fait passer l’intérêt général avant le sien, d'avoir montré la voie du développement des valeurs culturelles, d'avoir oeuvré pour le rayonnement de l'esprit de Genève dans sa forme peut-être la plus dégagée des facilités et aussi des contraintes de la barrière linguistique, j'ai nommé la Musique, d'avoir su formuler aussi, façe aux écueils de la démagogie, les avertissements et les conseils à la communauté, tâche ingrate et difficile, car elles sous-entend l'exemple par l'engagement personnel.»

      Et encore : «L'homme que nous honorons aujourd’hui a eu le courage de dire â ses concitoyens ce qu’il croyait nécessaire d’être dit, même lorsque cela ne correspondait pas aux «ronrons» habituels. [...] Regardons la vie de Samuel Baud-Bovy, cette vie tout entière dédiée à la culture musicale et au rayonnement de notre cité, et nous y reconnaîtrons l’âme de Genève.»
[...]" cité de l'hommage de Jean-Claude Poulin publié - entre autres - dans la Gazette de Lausanne du 6 novembre 1986, en page 5.

      À souligner: les diverses citations ci-dessus - du Journal de Genève, de la Gazette de Lausanne et du Nouveau Quotidien - sont rendues accessibles grâce à l'admirable banque de données du site «www.letempsarchives.ch», qui permet de consulter en ligne les collections numérisées de ces quotidiens, une générosité à souligner, tout étant sur la toile en accès libre!

      Parmi les oeuvres de compositeurs suisses que Samuel Baud-Bovy a donné en première audition, on peut mentionner le «Requiem des vanités du Monde» d'Henri Gagnebin (1943), le «Golgotha» de Frank Martin (1949), les «Variations et thèmes» de Constantin Regamey (1953). On lui doit des recherches sur Rousseau, qui a été l'un de ses sujets d'intérêt constant: de 1960 à 1986 il lui a consacré neuf études, réunies et présentées après sa mort par J.-J. Eigeldinger.

      Un autre cercle d'intérêt important a été ses recherches sur la chanson populaire et la poésie en Grèce, aboutissant à plusieurs publications:

- La chanson populaire grecque du Dodécanèse, Paris, 1936
- La jeune poésie grecque, Lausanne, 1940
- Poésie de la Grèce moderne, Lausanne, 1946
- Études sur la chanson cleftique, Athènes, 1958 (avec la transcription de 17 chansons lyrico-narratives enregistrées par la maison de disques Pathé en 1930).
- Chansons populaires de Crète Occidentale, Genève, 1972
- Essai sur la chanson populaire grecque, Nauplie, 1983



D'après ce que j'ai pu trouver sur la toile, ce portrait - publié dans divers journaux lors de son décès - a été fait par Jean Mandanis, photographe à Genève (1915 - 07.08.2011): si une personne visitant cette page devait en savoir plus, toutes informations m'intéressent -> Vos remarques!

      Samuel Baud-Bovy: "[...] Pour moi, la musique est un besoin vital. Dès l’instant où elle ne correspond plus à un besoin, cela me devient douloureux. De plus, n’ayant pas de fortune personnelle, j’ai été amené à gagner ma vie dans d’autres domaines. Par exemple, j’ai obtenu une bourse pour aller en Grèce, à l’époque de Weingartner. Le séjour dans ce pays a orienté ma carrière notamment du côté des études néo-grecques, avec un grand intérêt pour la littérature, beaucoup d’affection pour ce peuple et ses traditions.
      Comme on essaie toujours de mettre un peu d’unité dans sa vie, l’étude de la chanson populaire grecque a fait le pont entre la musique et l’hellénisme. C’est pourquoi j’y ai consacré tous mes loisirs. On considère aujourd’hui que je suis un peu le spécialiste de ce genre de chanson, ce qui est dans une certaine mesure vrai et dans une certaine mesure exagéré. Grâce au fait qu’il y a eu très peu de littérature sur la chanson populaire grecque, j’ai pu faire ainsi une oeuvre personnelle et originale.
      Pour les deux premiers volumes que j’ai publiés sur les chansons du Dodécanèse, j’ai recueilli ces mélodies entièrement d’oreille en les faisant chanter un nombre assez considérable de fois. À ce moment-là, déjà, mon professeur à la Sorbonne, Hubert Perrenoud, avait fait des enregistrements à Athènes et les volumes suivants étaient basés en partie sur ces enregistrements. Quant aux volumes que j’ai publiés sur la chanson crétoise, j’ai fait moi-même les enregistrements sur place. En ce moment, je transcris des chansons féminines de Tessalie que m’ont envoyées des étudiants de l’Université de Salonique. L’invention des cassettes me permet d’avoir en ma possession de très nombreuses chansons populaires. Ce qui est long, c’est de les retranscrire, de les étudier pour en retirer les caractères essentiels. [...]" Journal de Genève du vendredi 4 avril 1975, page 13.

      Pour plus d'informations sur Samuel Baud-Bovy, voir par exemple cette page de Wikipedia, ainsi que les nombreuses références qui y sont données.

Un des plus anciens documents - que j'ai pu trouver - sur Samuel Baud-Bovy comme chef d'orchestre: samedi 2 juin 1928, il dirigeait "un petit orchestre" du Conservatoire de Genève, provenant de cette page du site onstage , Bibliothèque du Conservatoire de Musique de Genève dans une audition de concerti grossi:






Samuel Baud-Bovy, début des années 1940,
un portrait fait par Boissonas Genève (*)

(*) Selon le Journal de Genève du 7/8 février 1987, page 26, le photographe Fred Boissonas était le parrain de Samuel Baud-Bovy.


Samuel BAUD-BOVY, 1964 Samuel BAUD-BOVY, 1964

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