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Dmitri SCHOSTAKOWITSCH, années 1940s
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Dmitri SCHOSTAKOWITSCH, 1940
Kopf Bild Ansermet 155 250
À droite et à gauche: Dmitri Schostakowitsch en 1940 resp dans les années 1940, Collection of Russian National Library, St. Petersburg resp. collection of State D. Shostakovich Memorial Museum, Moscow, (c) GettyImages, cliquer sur la photo pour voir l'original et ses références.
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Dmitri SCHOSTAKOWITSCH en 1941, engagé dans la protection aérienne
en uniforme de pompier sur le toit du Conservatoire de Leningrad

Dmitri SCHOSTAKOWITSCH
Fragments de la Symphonie no 7, dite «Leningrad»
Orchestre de la Suisse Romande
Ernest ANSERMET
19 décembre 1945, Victoria-Hall
En page 4 du Journal de Genève du 17 décembre 1945 était annoncé:

"[...] Mercredi soir, à 20 heures un quart, au Victoria Hall, l'Orchestre de la Suisse romande, qui a terminé dimanche la première moitié de ses concerts de l'abonnement par la magistrale exécution de Jeanne d'Arc au bûcher de Paul Claudel et Arthur Honegger, donnera un concert populaire organisé par Radio-Genève. Ce concert sera entièrement consacré à l'audition de la VIIe Symphonie que Dimitri Schostakowitch a dédiée à la ville de Leningrad. Le matériel d'orchestre et la partition ont été procurés par les soins de l'Association Suisse-U.R.S.S. C'est Ernest Ansermet qui dirigera cette oeuvre puissante inspirée au compositeur par l'héroïque défense de Leningrad. Cette grande fresque sonore a été jouée dans cette ville alors que les armées allemandes l'assiégeaient encore. [...]"

Pour cette occasion l'orchestre avait été renforcé à 104 musiciens (ref.: Journal de Genève du 15 décembre 1945 en page 9, au bas de la dernière colonne à droite). Le concert fut diffusé en direct sur les ondes nationales de Sottens. Le lendemain du concert, dans le Journal de Genève du 19 décembre 1945 en page 5, on constate que son chroniqueur musical - Albert PAYCHÈRE - n'a vraiment pas très apprécié cette symphonie...

"[...] Orchestre de la Suisse romande - «La symphonie de Leningrad» de Schostakowitch

Ceux qui attendaient du jeune compositeur russe qu'il insufflât une vie nouvelle au genre un peu fatigué de la symphonie, qu'il y fit circuler un sang abondant et chaud ont éprouvé une vive déconvenue. Dimitri Schostakowitch, dont les débuts contenaient quelques promesses qui témoignaient en tout cas d'un effort de recherche personnelle, comportant une certaine désinvolture à l'égard du langage musical — ce qui peut être l'annonce d'un tempérament novateur — s'est mis résolument à la remorque des romantiques.

On a fait état d'un changement d'orientation suggéré par le désir de rejoindre une esthétique qui fût accessible au plus grand nombre, de créer en faveur d'un art socialisé. Il est bien difficile au critique d'exprimer un avis à ce sujet, tout au moins peut-il affirmer qu'un Bach, un Beethoven, un Schubert ont atteint ce résultat en suivant l'impulsion de leur génie propre.

À comparer le Schostakowitch d'autrefois à celui de la Symphonie de Leningrad, on est enclin à penser que si le premier était factice — ce qui paraît tout à fait vraisemblable — le second fait preuve d'une confiance désarmante, enfantine en la plus médiocre matière, comme en les plus pauvres moyens.

J'ai dit «à la remorque des romantiques» et je pensais à Berlioz et à Mahler et aussi à Tschaïkowsky, mais attention: moins la flamme et le caractère en ce qui concerne l'auteur de La Fantastique, moins l'invention et la culture, en ce qui concerne tous les trois. Le trait commun avec le maître français et le maître viennois, c'est le goût du grand effectif instrumental qui n'a jamais été l'indice d'un surcroît de valeur réelle, ce qu'on n'a pu que trop vérifier. Schostakowitch ne sait ni composer, ni écrire. Il juxtapose et il se contente d'une réalisation qui ne va pas souvent au delà de l'esquisse. Son lyrisme est mince et toujours diffus, et ce ne sont pas quelques brutalités ici ou là qui peuvent donner de l'accent à une musique qui n'en a pas.

En conformité avec les circonstances qui l'ont inspirée — elle fut composée à Leningrad pendant le siège — cette oeuvre s'est proposé d'exprimer un sentiment collectif, tantôt en recourant à la forme épique ou à une musique d'action, tantôt à un commentaire lyrique et en quelques passages à une sorte de rêverie, un état contemplatif. Pour ma part, je m'incline devant l'intention, je rends hommage à une sincérité qui ne saurait être mise en doute mais je déplore l'absence de réussite. Je m'étonne tout particulièrement qu'au pays des techniques, celle de la composition musicale ait à ce point rétrogradé.

Ce n'est pas l'interminable progression de marche du premier allegro (utilisation affaiblie du procédé du Boléro de Ravel), ni cette bataille du finale — quatre mesures de Honegger bouteraient tout ce pathos — qui peuvent me faire changer d'avis. Ce n'est pas non plus ces moments de mélodicité doucereuse, un peu partout, ou ces déclamations des violons (Adagio) qui semblent empruntées aux formules d'opéra italien d'un quelconque Donizetti ou Leoncavallo qui pourront me faire changer d'avis.

La symphonie de Leningrad est morne, elle inspire cette mélancolie qui est celle de l'impuissance. Voilà certes ce qu'on n'attendait pas.

Il faut rendre hommage au gros effort accompli par M. Ernest Ansermet et ses musiciens, au sacrifice, consenti par la Ville et par Radio-Genève. Ils n'étaient point garants en la matière, et nous souhaitions vivement de connaître cet ouvrage dont on a parlé sous l'empire d'une sympathie et d'un enthousiasme bien compréhensibles. Albert Paychère.
[...]"

Une critique très dure, mais je pense qu'il ne faut pas la taire, car à cette époque la musique de Schostakowitch n'était souvent pas du tout appréciée à sa juste valeur, et - surtout - on ne comprenait pas encore pourquoi son style se soit constamment modifié au cours de sa vie.

Les extraits du Journal de Genève cités ci-dessus sont rendus accessibles grâce à la splendide banque de données de letempsarchives.ch, qui est en accès libre sur la toile, une générosité à souligner!


Je n'ai pas encore pu trouver d'autres échos concrets de ce concert dans la presse suisse romande. Mais - comme toujours - à chacun de se faire sa propre opinion de ce concert, d'autant plus des fragments importants - une quarantaine de minutes sur les 75 minutes que durait la symphonie - ont miraculeusement été conservés dans les splendides archives de la RSR, et récemment rediffusés dans l'excellente série de Jean-Pierre AMANN « Poussière d'étoile - Les annales radiophoniques de l'OSR, épisode 1945».

Ernest ANSERMET dirige "son" Orchestre de la Suisse Romande.

Il y a des coupures dans l'écoute, à cause des quelques 35 minutes de l'enregistrement qui ont été perdues ou gravement endommagées au cours des ans. Ce qui reste est toutefois très précieux, car c'est à ma connaissance l'un des uniques témoins sonores existants avec Ernest Ansermet dirigeant une oeuvre de ce compositeur.

Pour écouter ce document...


Cliquer sur la flèche - resp. le pictogramme pause - à gauche pour démarrer - resp. arrêter - l'écoute, saisir le curseur avec la souris et le positionner au minutage désiré pour écouter / réécouter le document à partir d'un endroit donné.

Pour ces fragments de la 7e symphonie de Schostakowitsch, le minutage au début de la présentation de Jean-Pierre Amann est 47 minutes 43 secondes. Il s'agit d'un mp3 128kb, comme d'habitude dans les archives proposées à l'écoute en ligne par la Radio Télévision Suisse.

Je ne peux pas encore vous proposer ces fragments en téléchargement - et en meilleure résolution audio... - le droit d'auteur de Dmitri Schostakowitsch s'étendant jusqu'à fin 2046. Donc rendez-vous en 2046, ayant fermement l'intention de devenir centenaire - je touche du bois...

Le sommaire de cet épisode 1945, avec les minutages sur les débuts de chaque séquence:

00:54 Frank Martin, Petite fanfare, Orchestre de la Suisse Romande, Edmond Appia, 15 juin 1945

02:54 Frank Martin, Première partie de In Terra Pax, Oratorio pour soli, 2 choeurs et orchestre, Madeleine Dubuis, soprano, Nelly Grétillat, alto, Ernst Haefliger, ténor, Paul Sandoz, bariton, Fernando Corena, basse, Maîtrise Protestante (chef de choeur: Roger Vuataz), Choeur de la Société symphonique (chef de choeur: Jean Dupérier), Groupe choral Ecole supérieure de jeunes filles (chef de choeur: Albert Paychère), Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 12 mars 1945

27:28 Emmanuel Chabrier, Suite pastorale, pour orchestre, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 10 décembre 1945

Voir cette page de mon site pour plus d'infos et le téléchargement de cette Suite pastorale

47:43 Dmitri Schostakowitsch, fragments de la Symphonie no 7 en ut majeur, dite Leningrad, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 19 décembre 1945